Asie Cambodge Carnets de voyage

CAMBODGE – Les dauphins de Kratie VS Les mollusques de la frontière

Dernière étape au Cambodge, Kratie, à mi-chemin entre la capitale et la frontière laotienne, est connue pour ses derniers dauphins de l’Irrawaddy.

 

Comme une lettre à la poste

Kratie se trouve seulement à 320km de Phnom Penh, pourtant le routard indique que seulement deux compagnies font le trajet, que celui-ci dure plus de 7h et passe par des routes, disons, cambodgiennes. Nous ne sommes pas franchement emballés par ce programme et commençons à faire le tour des agences pour trouver un meilleur moyen de s’y rendre. Coup de bol, la première nous propose de partir avec la « Cambodia Post » pour le prix indiqué dans le routard et pour beaucoup moins de temps !

Le lendemain, un peu inquiet, on se pointe à l’heure indiqué à… La Poste ! Alors qu’on s’attendait à être traité comme de gros colis, on se retrouve dans un van flambant neuf, avec free-wifi, bouteille d’eau et un seul et unique autre passager; du jamais vu au Cambodge et même en Asie. On ne mettra que 3h30 et le chauffeur nous déposera en plein centre-ville ! On regrette qu’une chose: ne pas avoir trouvé ce bon plan avant !

Les incontournables de Kratie

Kratie est un peu la Kampot du Nord: petite ville, mignonne, sans prétention et calme au bord d’un fleuve. Pas mal de voyageurs s’y arrêtent avant ou après le passage de la frontière. Son seul inconvénient: il y règne une chaleur de dingue et l’on frôlera plusieurs fois les 40°. On y passera donc 3 nuits, dans une guesthouse pas terrible mais vraiment pas chère (6$ la nuit), où l’on prendra notre temps puisqu’on en a et on fera un peu de blog (et oui, des fois, ça nous arrive) !

Le premier matin, on tente de se lever à la fraîche, on loue des vélos et on prend le bac pour atteindre l’île de Koh Trong. C’est le genre d’endroit qu’on aime beaucoup: une toute petite île avec un sentier de 9km pour en faire le tour, aucun hôtel et des locaux qui vivent leur vie, peinards. On y croise des chars à bœuf, des vaches et des chevaux qui broutent où bon leur plait, un village flottant, des maisons sur pilotis et des cambodgiens qui triment dans les champs. On passe presque 3h à regarder la vie des cambodgiens et à transpirer… comme toujours :-)

Le second jour, on se décide enfin à rendre visite aux dauphins de l’Irrawaddy (fleuve partant du Tibet et passant par la Birmanie, mais pas par le Cambodge) vivant dans le … Mékong ! Nous avons beaucoup hésité, car certains disent que l’activité touristique perturbe la vie de ces animaux. Après s’être renseigné, on croit comprendre que désormais les pirogues sont gérées par un organisme qui s’occupe de reverser l’argent du tourisme à la protection des dauphins.

Bref, on loue une mob’ (bien moins cher que le tuktuk), on attend la fin de l’après-midi, et on file à l’embarcadère pour voir les dauphins et le coucher de soleil. Arrivés sur place, nous espérons voir arriver d’autres touristes pour partager les frais de la pirogue, vraiment chère. Coup de bol, 4 français débarquent et on partage la barque avec Estelle et Diego, eux aussi en tour du monde. Première rencontre et sûrement pas la dernière… histoire à suivre 😉

La ballade dure une bonne heure et on ne se lasse pas de regarder nager cette demi-douzaine de dauphins (il n’en resterait que 60 en tout dans le coin…). En revanche, il faut se le dire, ils sont Moches (ils n’ont pas le bec caractéristique des dauphins, semblent être bossus et n’ont pas la même couleur) et ne font pas de trucs stylés comme Flipper. Peu importe, avec le coucher de soleil en arrière plan, on apprécie vraiment le moment d’autant que les bateliers prennent vraiment soin de ne pas s’approcher trop près.

La dream-team de la frontière

Comme nous le disons plus haut, beaucoup de routards s’arrêtent à Kratie avant de passer la frontière terrestre entre le Cambodge et le Laos. Cette frontière ne pose aucun soucis de franchissement, en revanche elle est très réputée par la corruption qui y règne ! Nous avions la ferme intention de ne pas y céder et de faire front !!! ON EST DES OUFS !

Cependant, on flippe quand même un peu et on espère donc trouver de nouveaux copains pour mener la bataille à plusieurs. Heureusement pour nous, Diego et Estelle veulent passer la frontière à la même date que nous, on les convainc donc de passer par la même agence ! Plus tôt, sur l’île de Koh Trong, on rencontre un couple de vieux briscards et on s’accorde également pour partir ensemble.

Le jour du départ, 6h45 tout le monde se rassemble à l’agence et on rencontre Flavia et Manu, deux français en tour du monde et Kieiran, un anglais roux qu’on appellera Karret pendant 2 semaines (on n’avait rien compris de son accent de Liverpool).

On ne le savait pas à ce moment, mais on se « suivra » tous pendant presque un mois tout au long du Laos pour nous plus grand plaisir !!

Les effrontés contre les méchants

Le minibus arrive à la frontière après un premier arrêt un peu inquiétant à Stung Treng, où l’on doit changer de bus, puis finalement non, et où l’on nous dit que nos billets sont pour une autre destination, puis finalement non !

Le chauffeur s’arrêtent 50m avant la frontière, nous demande de remplir un formulaire pour sortir du Cambodge et nous indique d’avancer jusqu’au poste à pied. Cependant, il demande aux deux routards plus agés de rester avec lui, et de payer 35$ pour qu’il s’occupe des démarches (en se prenant 5$ de comm’). Ils ne tombent pas dans le piège et nous rejoignent très vite.

Le premier arrêt est celui de la douane cambodgienne qui doit tamponner nos passeports pour accepter notre sortie du pays. Après quelques minutes d’attente, le douanier nous tend le passeport et nous demande 2$, sans raison. On lui dit « Non, c’est gratuit », il ne bronche pas et nous rend le passeport ! Yes, première victoire.

On passe ensuite devant le « stand médical », constitué d’une planche en bois, de deux tréteaux et d’un type louche en blouse blanche. Le panneau indique qu’une visite médicale est obligatoire pour vérifier si l’on est pas porteur de maladie. On connait également l’arnaque: il t’annonce que tu as 40 de fièvre mais accepte de te faire un papier disant le contraire pour 2$. On passe devant en les ignorant, ils ne bronchent pas ! Yes, deuxième victoire.

On parvient enfin à la douane laotienne, la plus coriace. Ils annoncent la couleur, il faut payer 1$ de frais administratif. On essaie de ne pas payer mais le douanier referme la vitre et refuse de nous prendre le passeport. Le fait qu’un panneau indique la somme à payer nous pousse à le faire et tout le monde finit par craquer puis payer en se disant que ce sera le seul dollar.

Après quelques minutes d’attente, nos passeports sont prêts, et on nous appelle un par un. Le douanier ouvre sa guérite et dit « 1 passeport; 2$! » avec l’amabilité d’une enflure de première. Evidemment, on lui dit que c’est illégal et que c’est gratuit. Sans un regard, il referme la vitre et repose la passeport à côté de lui. Ce jeu durera 1h30. Toutes les 10 minutes, l’un du groupe, va demander son passeport et le douanier refuse sous prétexte qu’on ne paie pas. Pendant les 10 minutes de répis qu’on leur laisse entre chaque demande, les 3 douaniers se calent sur des hamacs à rien faire. Antipathiques comme ce n’est pas permis.

On essaie toutes les techniques: agressif, tout gentil, négociation à 1$, négociation d’un tarif de groupe, négociation avec des filles sexys, négociation contre des chips, humour… ils ne bronchent pas, et refusent de nous rendre nos passeports. Chacun commence à perdre patience et à s’énerver, les douaniers ont une attitude insupportable à se prélasser sur leur hamacs, en position de force puisqu’ils ont nos passeports en otage.

Au bout d’1h30, donc, les autres passagers du bus, qui nous attendent pour repartir (principalement des locaux et deux canadiennes ayant tout payé) viennent nous demander d’arrêter notre cirque pour reprendre la route. Sachant qu’il y a des bébés et qu’on ne veut pas arriver trop tard à destination, on craque, et chacun paie les 2$. C’est la défaite, c’est dur à encaisser face à de tels énergumènes.

Avant de quitter les lieux, le couple de baroudeurs ne voulant pas partir vaincu, prend une photo des douaniers et promet de l’envoyer à l’ambassade. Grave erreur ! Le chef, qui arbore pour l’occasion ces lunettes de soleil et son gros bide, va voir notre chauffeur de bus et le menace directement s’il ne fait pas descendre immédiatement le couple fautif. Le chauffeur panique et commence à prendre les sacs pour les mettre dehors! On le calme et le couple accepte d’effacer la photo devant les yeux du douanier; on peut enfin partir …

Grâce à une habile manipulation, le couple nous dit qu’ils ont toujours la photo, héhé ! Elle ne servira à rien car elle est totalement ratée mais ça fait plaisir à tout le monde de se dire qu’en plus d’être corrompus, ces douaniers sont complètement débiles !

Tout ça aura eu le mérite de créer des liens entre nous. On repart donc tous direction les 4000 îles au Laos, première destination en commun !!

1 Commentaire

  • Reply
    mamie nîmes
    1 juin 2016 at 8 h 49 min

    coucou c’est mamie et lenna ( lisa passe sont oral de BTS elle na pas bien dormi et était stressée ce matin en partant) nous pensons bien a vous et vous souhaitons une bonne continuation de votre voyage bisous a vous deux

  • Laisser un commentaire