Asie Carnets de voyage Laos

LAOS – 4 jours à moto sur le plateau !

On enchaîne les incontournables du Sud du pays, en partant faire la boucle des Bolovens à moto

 

Paksé et le plateau des Bolovens

Après 3h de bus depuis notre île aux malheurs, nous débarquons à Paksé, toujours sous une chaleur accablante. La ville n’a aucun intérêt à part celui d’être la porte d’entrée et de sortie du plateau des Bolovens. Cette zone est très prisée des touristes comme nous puisqu’elle regorge de cascades, chutes d’eau, superbes points de vue et petits villages de locaux.

Pour visiter ce plateau s’étendant sur pas plus de 80km, soit on est riches et on loue les services d’un chauffeur, soit on loue un scooter. (on a donc choisi cette dernière option :-) )

Deux itinéraires sont possibles : La petite boucle, qui permet de faire l’essentiel en 2 petits jours ; la grande boucle qui atteint des zones plus éloignées et des cascades plus impressionnantes faisables en 3 ou 4 jours.

Après avoir posé nos sacs dans une guesthouse quelconque, on fait comme l’immense majorité des blogueurs et des français : on file chez Miss Noy, une agence de location de scooters tenu par un couple lao-belge, qui, tous les jours à 18h, offre un gros briefing sur les itinéraires possibles dans la région.

Après avoir religieusement écouté tous les conseils, on réserve un scooter 110cm3 semi-automatique (avec passage des vitesses au pied et tout !!!), beaucoup plus maniable et beaucoup moins cher qu’un scooter automatique et on se chauffe pour 4 jours sur la grande boucle !!

Image20

Jour 1 : Paksé – TadLo

Lendemain matin, 9h, c’est parti. Les premiers kms sont un peu hésitants, ce n’est pas tout de suite simple de freiner et passer les vitesses avec les pieds ! On prend cependant vite le pli et on atteint notre première cascade.

Il est tôt, il n’y a personne, tant mieux, mais la cascade n’est vraiment pas terrible, tant pis ! On prend notre temps sur la route, on fait des photos et on arrive vers midi à notre destination après 60km : Tad Lo.

Tout le monde dit du bien de ce petit village. On ressent l’intérêt puisque 4 des 6 auberges sont pleines. Après s’être installés, on part à pied, faire la petite ballade des 3 cascades de TadLo. Elles ne sont pas bien hautes, mais très larges et agréables. Dans l’après-midi, on s’arrête au milieu de la rivière pour se baigner avec les ados qui sortent de l’école.

On passe un super moment à les regarder sauter dans l’eau : les garçons sont en jean et les filles gardent pantalon et sweat-shirt !!!

A 17h, les deux éléphants appartenant au proprio de l’hôtel classe du village viennent prendre leur bain : tout le monde sort de l’eau et les pachydermes plongent entièrement dans l’eau, une scène vraiment cocasse !

Image11

Jour 2 : TadLo – Bane Nong Oy

Au programme, beaucoup de route. Ce ne sont que 130km mais quand on roule à 60 maximum sur une route pas toujours bien goudronnée et avec les fesses en compote sur une scelle peu confortable, c’est très long.

Image10

Heureusement, nous avons prévu quelques arrêts. On commence cependant mal la journée, puisqu’on ne parvient pas à trouver le chemin pour atteindre le sommet de la première cascade… On se dirige donc vers un des « must » du parcours : la visite du village d’une ethnie locale.

Etant partis tôt, on y arrive en tout premier, seuls. On trouve la « cabane » de Mister Hook. Connu comme le loup blanc dans la région, il est le seul du village à parler anglais et à vivre des petits tours guidés qu’il organise.

On part donc tous les 3 faire un tour du village et de ses plantations de café. Il nous raconte d’abord toute l’histoire du café lao ; c’est une véritable encyclopédie, il refait toute la chronologie, nous récite les dates, les personnages célèbres, … impressionnant et au final on aura du mal à retenir toutes ces informations !

Il continue en nous montrant comment son ethnie se soigne avec les plantes, ou comment faire des bulles avec une fleur. Habile !

On en arrive au plus intéressant, son village et ses habitants. Ils sont plusieurs dizaines à vivre ici, en autarcie et à pratiquer l’animisme. Les mœurs et croyances sont étranges voire flippantes.

Pêle-mêle :

  • Les femmes sur le point de donner naissance, s’en vont seules en forêt pour « délivrer », si elles reviennent avec le bébé en bonne santé, tout va bien, sinon le bébé ne mérite pas de vivre. La Shaman du village doit accepter le nouveau né avant qu’il entre dans le village.
  • Si la femme décède en donnant naissance, elle est enterrée debout en 4 temps, petit à petit en laissant à chaque fois un peu moins de son corps à l’air libre.
  • Si quelqu’un meurt pendant les moissons, son corps est conservé dans la maison, car l’enterrer porterait malheur à la famille.
  • Dès qu’un habitant a atteint sa taille adulte, il se construit son cercueil et le conserve sous sa maison. C’est donc assez glauque de voir 4 ou 5 cercueils sous la cabane à pilotis.
  • La polygamie est la règle. Notre guide nous montre une maison plutôt grande (une ou deux grandes pièces de 60m² environ) et nous indique qu’ils sont une bonne soixantaine à vivre ici : le mari, ses nombreuses femmes, leurs multiples enfants sans oublier les grands parents !
  • Ils sacrifient des animaux pour être en paix avec les esprits. L’un de ces rites est cependant très barbares : un chiot est attaché sur la place centrale du village et tous ceux qui doivent expier des péchés viennent frapper l’animal avec un grand coup de pied pour « expulser » le mal. Le rite s’achève avec la mort du chiot dont le corps est ensuite jeté à l’extérieur du village.
  • Ici, tout le monde fume et même les enfants ! En arrivant, Mister Hook fumait du tabac dans une sorte de pipe à eau. Il nous apprendra pendant la visite qu’il a commencé à fumé à l’âge de 2-3 ans. Et nous croisons quelques minutes plus tard, une petite fille, peut-être âgée de 5ans et ses copines qui se passent la pipe… Plutôt choquant de notre point de vue !

En partant, un peu choqués, on interroge notre guide. Comment peut-il parler si bien anglais alors qu’on ne l’enseigne pas au village ? Il nous apprend qu’il est parti il y a quelques années trouver du travail à Bangkok et qu’il a vécu la vie « moderne ».

Cela nous laisse encore plus perplexe. Comment peut-il rester ici, après avoir connu Bangkok ? Il nous avoue alors qu’il est « puni » : il aurait eu des relations sexuelles avec d’autres femmes à Bangkok. Ainsi, ses croyances et son peuple l’interdisent de repartir du village. Il est donc sous surveillance, et s’il veut sortir il doit être accompagné… dur !

On repart sur la route la tête un peu embrouillée. On enchaine les km, c’est dur mais c’est l’aventure et la liberté ! On s’arrête voir quelques chutes d’eau en chemin.

On parvient enfin à notre destination vers 16h, un microscopique village le long de la route, seulement 2 hôtels, totalement vides, aucun touriste, mais très proche de la zone des grosses cascades que l’on souhaite découvrir le lendemain.

Le soir, on galère terriblement pour trouver un boui-boui qui ne nous fait pas fuir, et finalement on mange la meilleure soupe de nouilles depuis le début du voyage sous une bâche avec que des hommes attablés.

Jour 3 : Bane Nong Oy – Paksong

Le jour 3 est le plus spectaculaire du parcours : on atteint enfin la zone des cascades les plus impressionnantes. Pour cela, il faut quitter la route et prendre pendant 45 minutes, une piste chaotique, où l’on se demande tous les km si l’on ne s’est pas perdu.

Le point de départ de la rando est une superbe guesthouse, avec des petits cabanons et des abris où l’on peut dormir en tente. Si l’on avait su, nous aurions dormi là.

La randonnée est censée nous amener à 5 cascades grandioses. Le chemin est très escarpé, très pentu et ça se transforme parfois en escalade ! Et avec la chaleur on transpire comme jamais. Après 3h d’effort, on n’aura trouvé que 3 cascades mais on n’est pas déçus, ce sont clairement les plus belles !!

On se pose sur la terrasse de la guesthouse pour midi et on repart en sens inverse pour atteindre Paksong, vers 15h. On trouve un logement et on repart voir de une dernière cascade.

Le soir, rebelote, la ville est morte et on trouve un Fried Rice après pas mal de recherches.

Jour 4 : Paksong – Wat Phou

On décide de couper la journée en deux : le matin on finit le parcours de la grande boucle en allant voir les dernières cascades, l’après-midi, après être repassé par Paksé, la ville de départ, nous filons à 40km au Sud pour aller voir un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : le Wat Phou.

La route est longue, le soleil et la chaleur ne nous quittent pas. Le site de Wat Phou aurait été construit en même temps que les temples d’Angkor ; il y aurait même eu une sorte de compétitions entre les deux.

La visite n’est pas véritablement spectaculaire, le site est très vaste et très en ruine. On ne regrette pas d’y être allé mais on ne peut pas dire qu’on ait été enchanté.

On rentre enfin sur Paksé, les fesses anéanties, crevés et on réserve notre ticket de bus pour le lendemain : de 6 à 10h de route pour Savannakhet !


Ça peut servir :

Location d’une moto semi automatique chez Miss Noy 110 cm3: 60 000 KIPS/ jour

Guesthouse à Paksé: 

  • Sabadee Guesthouse II 80 000 KIPS la nuit en chambre double avec Sdb
  • Lankham GH – 60 000 KIPD la nuit en chambre dble avec sdb

Guesthouse à Tad Lo, on a plus le nom, mais c’est la dernière avant le pont: 80 000 KIPS la chambre dble avec Sdb et balcon

Guesthouse à Bane Nong Oy: Platinium hôtel – 80 000 KIPS la nuit en chambre dble avec sdb

Guesthouse à Paksong: Savanna GH – 80 000 kips la nuit en chambre dble avec sdb

Entrées des cascades (et oui, c’est payant!) : entre 13 et 25 000 KIPS (sans compter le parking pour la moto!)

 

 

 

 

Pas de commentaires

Laisser un commentaire