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CHINE- Datong, Pingyao et Xi’An: Nos 3 villes du Ch’Nord

Après 5 jours à Pékin, on choisit d’enchaîner les trains de nuit pour découvrir la partie Nord de la Chine

Le bonheur des trains de nuit chinois

Vu la taille du pays, les distances entre les villes sont démentielles. Les temps de trajet en bus passent rarement sous les 10h et les avions restent hors-budget pour nous. Beaucoup de chinois, et de backpackers, choisissent donc le train de nuit.

Un train chinois se divisent en plusieurs classes : les places debout, les sièges durs (du simple banc au bois, à la banquette pas vraiment confortable), les couchettes dures et les couchettes molles (par petite cabine de 4 personnes).

Nous avons toujours opté pour les couchettes dures : un wagon entier, sans aucune cloison, rempli d’une vingtaine rangées de 3 lits les uns au-dessus des autres, deux lavabos et un wc pour tout le monde ! On ne dirait pas comme ça, mais c’était plutôt confortable et on a adoré TOUS nos voyages, même ceux de 19 heures !!!

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On y était souvent les seuls blancs-becs, ce qui faisait parfois de nous les vedettes. Certains, sans chercher de prétexte, venaient passer la tête pour nous regarder. On a aussi fait de belles rencontres, et très souvent dormi avec des ronfleurs de niveau « casse-couilles professionnel » :-).

On aimait d’autant plus que pour prendre le train, il fallait acheter son ticket. On peut très facilement passer par internet (le site Ctrip) ou par une auberge mais on ne voulait pas payer plus vher (à cause de la commission). On se rendait donc dans les gares quelques heures ou jours avant, et on tentait de se faire comprendre. Croyez-nous, demander « une couchette en bas et une couchette au milieu, pour le train XXX partant de YYY et allant à ZZZ à telle heure », sans parler chinois, sans pouvoir parler anglais, juste avec les doigts et des dessins, c’est un vrai challenge. Mais c’est dans ces moments, qu’on a été toujours surpris par la bienveillance des chinois et qu’on a souvent trouvé de l’aide :-)

Premier arrêt : Datong !

Après une longue soirée à la gare de Pékin, une courte nuit de 5h dans le train et une arrivée aux aurores à Datong, ce n’est pas vraiment frais qu’on débarque dans notre auberge vraiment cool. Avec les yeux plein de pâtés, on a encore eu la chance de trouver un chauffeur de taxi qui nous amènera à pied de la gare à l’auberge, située à quelques centaines de mètres.

Datong est connu pour… Non Datong n’est pas connu du tout en fait ! La ville est une étape sur le trajet du Transmongolien, pas vraiment touristique. C’est un petit village à la chinoise : presque 2 millions d’habitants, des grands immeubles d’habitations à perte de vue et un nouveau-vieux centre. Encore une bizarrerie chinoise : beaucoup de vieux quartiers sont détruits et reconstruits à l’identique, en faux donc.

Ce qui nous amène ici, ce sont les 3 étoiles que le Guide du Routard donne aux immenses bouddhas sculptés dans la roche à une vingtaine de km de la ville.

Après être sortis du brouillard, nous prenons le bus local, perdons un bras pour payer l’entrée du site et passons une bonne partie de l’aprem à apprécier ces immenses grottes. Pour une fois, la foule ne nous suit pas, on parvient à prendre des photos sans bousculer personne et on apprécie la ballade. On visite de gros temples chinois , on adore !!

En rentrant, on descend quelques arrêts avant le nôtre et on traverse un marché. On tombe sur une sorte de pâtisserie local. Il a suffi de pousser la porte vitrée pour que le monde s’arrête et qu’on se transforme en Angelina et Brad rentrant dans une boutique d’un village français quelconque. Les clients et les vendeurs étaient bouche bée de voir des européens et ont scruté tous nos faits et gestes. Ne comprenant rien aux affichettes, nous avons demandé de l’aide au proprio pour qui c’était Jour de Fêtes ! C’est la qu’on se retourne et qu’on aperçoit une dizaine de personnes qui nous mate à travers la vitrine depuis l’extérieur! :-) Le lendemain on y retournera car on avait bien compris que le proprio se sentait flatté de notre présence ! On est comme ça nous, on distribue du bonheur gratos (et ses brioches étaient top!) !

Le lendemain, l’enchantement Datongien continue. On parcourt toute la journée une bonne partie de la ville et du centre faussement historique n’ayant aucun intérêt, à pied. Le midi, on galère comme d’habitude à comprendre ce que l’on mange et on se retrouvera avec une soupe de nouilles grises, mélangée à une gelée marronnasse-grise très repoussante : Ça ouvre l’appétit !

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C’est dans l’après-midi qu’une des scènes les plus marquantes de notre voyage se passera : on tombe enfin, après des heures d’errance, sur la place principale. On est Samedi et beaucoup d’ados y traînent. Deux filles, plus courageuses que les autres, nous aperçoivent et nous demandent un selfie. On accepte et paf ça s’emballe : leurs copains, les copains des copains et d’autres inconnus arrivent presque en courant et on se retrouve entouré d’une vingtaine d’ados voulant être sur les photos. On a vraiment bien rigolé, toute la place nous fixait. On a passé une petite demi-heure avec eux, à essayer de communiquer tantôt en chinois, tantôt en anglais : ils nous ont appris quelques mots de chinois, on leur a montré des photos de la Tour Eiffel que certains avaient sur leur T-shirt, des adultes sont même venus nous poser de longues questions en chinois auxquelles nous avons répondu par un bon gros sourire gêné !

Le soir, l’aventure en terre inconnue continue. On trouve un resto-cantine plutôt propre et avenant. Il faut commander au comptoir avant de s’installer. Après l’échec de deux caissières, la gérante, sortie des années 70 avec une choucroute à la place des cheveux, viendra se mêler à l’affaire pour nous aider à comprendre et choisir.

Le voyage en Chine commence vraiment très bien, on est emballé par le pays et contre toute attente par sa population.

Second arrêt : Pingyao !

Deuxième voyage en train de nuit et première vraie rencontre. Nous avons les deux couchettes du haut (à environ 60cm du plafond, les moins chers) et en dessous de nous se trouve notre nouvelle copine : une jeune chinoise prof d’anglais et guide. Elle prend ce train toutes les semaines pour aller bosser et proposent de nous réveiller à la bonne heure car le train ne s’arrête que 4 minutes à Pingyao. Coup de bol, car on ne savait pas vraiment à quelle heure nous arrivions et ce n’est pas la fiche à l’entrée du train tout en chinois qui allait nous l’apprendre.

« 6h, Pingyao, 4 minutes d’arrêt ! » : faut pas rêver, personne ne dit ça ici et c’est parfois à grand coup (gentil) dans les jambes que le contrôleur te réveille et te fait comprendre que c’est ton arrêt.

Notre nouvelle amie, dont on n’a jamais su le nom, nous aide à trouver une consigne pour nos gros sacs car on enchaîne le soir même avec un nouveau train de nuit (#maso). Elle nous conduit ensuite de la gare au centre touristique et nous indique toutes les choses à faire avant d’aller à son hôtel. Trop sympa ces chinois !

Il est donc 7h, tout est fermé. On ne le sait pas encore, mais c’est le meilleur moment de la journée. En effet, Pingyao est une des seules villes chinoises à avoir réussi à conserver son vieux, très vieux centre historique intacte. Il est d’ailleurs classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Entièrement entourée de murs de fortifications, le centre est un vrai voyage dans le temps. Les maisons sont d’époque et les bâtiments parfaitement maintenus. C’est également ici que fut fondée la première banque au monde.

Il est désormais 10h, on est dimanche et les centaines de bus de touristes chinois sont bien arrivés. Les petites rues sont pleines à craquer et on doit désormais slalomer entre les perches à selfies.

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La ville est petite, c’est pour cela qu’on reprend le train le soir même. Nous avons quand même 16h à attendre avant que celui-ci ne parte… bon gré, mal gré, on achète le pass touristique, indispensable mais hors de prix, permettant de visiter toutes les anciennes maisons, temples et musées. On passe la journée à tout voir, à marcher et remarcher et reremarcher dans les mêmes rues. On parcourt les 8km de l’enceinte de murailles, et on s’ennuie un peu… voire beaucoup.

C’est donc presque content qu’on retrouve le soir notre couchette bien dure et pour la première fois des draps sales (et oui, si votre ville de départ n’est pas le départ originel du train, vous dormez dans les draps du passager qui vient de descendre ! TOP !).

Pingyao vaut donc le coup, mais seulement si comme nous, vous avez le temps.

Terminus : Xi’an !

Le schéma sera un classique chinois pour nous : on arrive avec les yeux pas en face des trous, on se traîne jusqu’à l’auberge et on fait une petite sieste.

Xi’an est une des villes les plus connues de Chine dans le monde pour… sa grande armée de terre cuite ! Guillaume attendait ce moment depuis bien longtemps.

Mais avant ça, on prend le temps de visiter la ville en elle-même. C’est la première fois qu’on tombe sur une vraie grande ville chinoise (si on met Pékin de côté!) et on est très surpris de constater que nous partageons exactement les mêmes enseignes, que les Starbucks et MacDo sont légions et que les jeunes chinois nous ressemblent comme deux gouttes d’eau (enfin, ils ont quand même une plus grosse tête). Les aprioris ont la vie dure et on est vraiment contents de pouvoir constater de nos yeux comment se passent réellement la vie, avant si mystérieuse, des chinois.

On déambule plusieurs jours dans la ville et on découvre :

  • Le quartier musulman, qui fait aussi la renommée de la ville. Sur 4 ou 5 rues, des dizaines et des dizaines de stands de nourriture se succèdent. Ils sont tous tenus par la communauté musulmane. Outre le fait de voir des asiatiques voilées , ce qui est assez étrange pour nous, le quartier est un vrai spectacle où chacun montre fièrement son savoir-faire.
  • La grande mosquée, qui ne ressemble en rien à une mosquée de chez nous. Le mélange de l’islam et de l’architecture chinoise est vraiment très original.
  • La pagode de l’oie sauvage : un parc un peu éloigné où se tient une pagode toute en long si typique du pays

Et finalement, on ne tient plus, on va enfin voir cette grande armée de terre-cuite. Le site est simplement gigantesque et ressemble à plusieurs halls d’aéroport.

Pour la faire courte, il y a bien longtemps, un empereur un brin mégalo, s’est dit qu’un cercueil ne suffirait pas et a donc ordonné d’être enterré avec une véritable armée pour le protéger dans l’autre monde.

Il y a quelques années, un fermier tout ordinaire creuse un puit et tombe sur une statut en terre-cuite. Il ne le sait pas mais sa vie vient de basculer. Le pauvre est désormais forcé de rester planté à la sortie de l’immense site, pour signer des dédicaces, tous les jours…

Bref, le travail est titanesque. On estime à plus de 10000 le nombre de soldats. Aujourd’hui à peine 2000 sont reconstitués. En effet, aucun soldat n’a été retrouvé entier, ils sont tous en pièce et toute une équipe a été mise sur pied pour recoller les morceaux. Le puzzle sera fini dans plusieurs longues années.

Ainsi, alors qu’on s’attendait à voir une immense armée parfaitement alignée, on réalise que le terrain est une véritable ruine et que seulement quelques rangées sont reconstituées. Une fois la déception passée, on prend compte de l’ampleur de l’œuvre. Les dimensions sont astronomiques, les statues très variées : des chevaux, des simples soldats, des archers, des gradés, des généraux, magnifique !

Les plus belles pièces ont été sorties et sont mis en exergue sous verre. Le célèbre archer accroupi est affolant de détails (même sous les bottes). Les soldats sont presque humains : à s’y méprendre.

En 1 heure le tour est fait, la foule n’aidant pas vraiment à profiter. Ces mois d’attente prennent fin et nous sommes, en fin de compte, un peu déçus. Il faudra revenir dans 4 ou 5 ans lorsque l’armée sera plus riche de quelques milliers d’homme et alors la magie fera effet !


Ça peut servir :

Train de nuit Pékin – Datong : 235Y pour deux

Auberge Datong : Green Island Youth Hotel : 160Y en chambre double – très bien !

Train de nuit Datong – Pingyao : 240Y pour deux

Pass pour la vieille ville de Pingyao : 130Y par personne

Auberge Xi’an : Facebook Hotel : 113Y en chambre double – très bien !

Entrée « Terracotta soldiers » : 150 Y par personne

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