Asie Carnets de voyage Chine

Chine – Le Sud du Yunnan « en famille »

Après un long passage dans la ville de Kunming, nous prenons la route du Vietnam mais juste pour s’arrêter peu avant la frontière pour admirer les plus belles rizières du monde, foi de chinois !

 

Jianshui, bien mais pas ouf !

On aurait pu se contenter de ce titre, mais ce n’est pas notre genre. C’est après 4 jours à Kunming, où nous étions hébergés par deux étudiants français avec qui le courant est très bien passé (on relatera tout ça, dans un prochain article) et qui nous ont permis de bien recharger les batteries, que nous repartons en bus vers le sud du Yunnan. 4h de bus, c’est désormais du pipi de chat pour nous, mais 4h de bus au sortie d’un épisode malheureux de turista nocturne, c’est tout de suite une épreuve.

Le bus nous dépose dans le « nouveau » Jianshui, à plusieurs kilomètres de la vieille ville. L’endroit devant sûrement être classé parmi les plus moches de l’Asie, on se débrouille pour trouver un moyen pas cher de s’en échapper. Un papy nous accoste à la sortie de la gare routière et sa bonne tête nous plait instantanément. On négocie le prix avec les doigts et on monte dans… son triporteur. Le papy aussi malin que vieux avait omis de dire qu’il n’était pas taxi mais possédait une sorte de tricycle à moteur. La route est pourrie et le trajet dans la remorque arrière est génial ! On adore les papys chinois !

Comme Jianshui ne nous a pas particulièrement emballé, parlons d’abord d’une différence fondamentale entre les chinois et nous : la façon de compter avec les doigts. Le 1 se fait avec l’index et surtout pas avec le pouce, le 2 se fait avec l’index et le majeur et surtout pas avec le pouce et l’index, ce qui voudrait dire 8, le 6 se fait avec le pouce et le petit doigt… Il a fallu apprendre vite et bien car c’est presque indispensable pour négocier et surtout ça évite de gros malentendus !!

En image, ça donne ça: (source: vagabondedumonde.wordpress.com)

compter-avec-ses-doigts

Pour revenir à nos moutons, Jianshui est une ville peu touristique qui a réussi à conserver son vieux quartier et possède quelques points d’intérêt. On commence, le lendemain, par le temple de Confucius, qu’on atteint après avoir contourné une immense marre pleine à craquer de nénuphars. L’endroit est à ciel ouvert et présente quelques jolies portes et temples à la gloire de Confucius et de son enseignement.

Entre deux averses, nous parvenons également à visiter les jardins de la famille Zhu, riche lignée d’antan qui a fait construire une immense (42 pièces) et magnifique maison, parsemé de petits jardins très typiques, de portes en bois sculptées et de tous les symboles de l’art chinois. L’endroit est vraiment incroyable, nous avons adoré.

Jianshui sera aussi le lieu de rencontre avec un autre couple de tourdumondistes, Laura et Pierre du blog CKanKonAriv, qui ont un itinéraire assez différent du nôtre, passant par le Japon, la Mongolie et surtout l’Iran, pays qu’on visitera à coup sûr très bientôt. C’est en leur compagnie qu’on prendra le bus pour la prochaine destination : Yuangyang.

Les rizières en famille

L’arrivée dans la zone des rizières n’est pas simple. Après un premier bus jusqu’à Xinje partant de Jianshui à 11h34 (et le chauffeur regarde bien l’horloge pour partir à 34 et pas à 33 ni à 35, véridique !), il faut prendre des espèces de monospaces collectifs faisant le tour de la zone et vous déposant dans les villages.

image22

Ces véhicules sont tous censés s’arrêter à un péage pour faire payer aux touristes le droit d’entrée. Nous ne le savions pas et ne l’avons appris que plus tard dans la soirée, car notre chauffeur n’a, pour une raison inconnue, pas voulu s’arrêter, nous faisant économiser un sacré paquet de Yuans :-)

Nous avions choisi le minuscule village de Pugao Laozhai, qui regroupe 4 ou 5 petites guesthouses et quelques dizaines d’habitants. L’endroit est dans son jus, très typique, relativement pauvre; c’est vraiment la campagne chinoise. Il se trouve près de la plus belle vallée : celle de Duoyishu.

La plupart des auberges disposent de chambres classiques mais avec une vue imprenable sur la vallée des rizières. Au soir du premier jour, nous rencontrons la famille Buu, qui fait également un tour du monde, dans le sens opposé au nôtre. Ils sont alors sur la fin de leur périple et nous abreuvent de bons plans pour la suite. Le lendemain, en compagnie des Buu, on fait connaissance avec la famille Renard, en voyage avec leurs 3 petits garçons pendant un an en Asie.

En 5 mois de voyage, nous n’avions rencontré aucune famille et en un soir, c’est le gros lot : deux familles, françaises, super sympas, pas avares en bonnes adresses, qui ont des blogs et qui forcent vraiment l’admiration. La soirée est géniale, chacun raconte ces anecdotes et on fête même l’anniversaire d’Alex, le Papa Renard avec une pastèque en guise de gâteau. Voyager avec des enfants est un autre voyage : leur rythme est totalement différent du nôtre, beaucoup plus lent et tranquille et le périple est ponctué de pause pour suivre les cours par correspondance. Les enfants sont incroyables : ils ont des bases en anglais et en espagnol, sont imprenables en géographie, parlent de leur voyage comme des adultes, et semblent très à l’aise dans leur peau. Les copains leur manquent un peu, mais aucun n’a vraiment envie de rentrer. Chapeau aux parents ! Peut-être qu’on fera ça nous aussi un jour! Maintenant qu’on a vu de nos yeux vu que c’était possible…

Du riz, du riz, du riz

Pour visiter les rizières, il y a deux solutions. Soit on paie l’entrée officielle et on gagne le droit d’accès aux splendides belvédères aménagés par le gouvernement surplombant les principales vallées, soit, comme nous, on réussi à ne pas payer et on se débrouille autrement.

Pour se déplacer dans la zone, il suffit de se poser sur le bord de la route et d’attendre qu’un van ou une voiture accepte de t’emmener à ta destination pour un prix à négocier.

Le premier jour, nous partons à pied, au « village champignon », un petit hameau, classé et protégé par l’UNESCO qui a la particularité de s’être figé dans le temps et d’avoir des maisons aux toits en chaume les faisant ressembler à des champignons. On y rencontrera une très vieille dame, qui acceptera de nous montrer comment elle continue de fabriquer les coiffes traditionnelles et avec qui on rigolera bien en parlant avec les mains.

On poursuit notre balade en dessous du village en s’enfoncant dans la vallée pour chercher le plus beau point de vue sur les rizières. A cette époque, elles sont magnifiques : la plantation a eu lieu, le riz commence à pousser et les rizières sont encore en eau. Cela donne des paysages tantôt tout verts, tantôt reflétant le soleil !

Au retour, on se fait prendre en stop par Jacky Lu un chinois professeur de français, coup de bol, surtout avec un tel nom !

Le lendemain, on s’attaque aux autres vallées. La propriétaire de l’auberge nous fait un super plan à la mano de la zone et nous indique comment trouver les départs des chemins à travers les rizières, autrement introuvables.

image35

En chemin, on se fait prendre par l’arnaque classique : le chauffeur nous montre 5 avec ces doigts, et à la descente il te fait croire qu’il voulait dire 50 ! On s’en sort en donnant 25, ce qui est correct pour la distance. A part cela, la journée fut parfaite, on trouve des points de vue splendides et gratuits, à quelques mètres des officiels et payants et on randonne pendant 4heures, entre le village de Bada et Lao Yin Zui en plein milieu des immenses rizières, sans rencontrer personne. Les paysages sont grandioses et à couper le souffle. La Chine est vraiment un pays génial !


Ça peut servir :

Auberge Yuangyang : La TimeLess Guesthouse, 130Yuan la chambre double avec vue sur les rizières – Très bien, propriétaire au petit soin

Entrée dans la zone des rizières : 100 Yuan, à payer normalement en prenant les minibus au départ de la gare de Xinje.

Minibus pour se déplacer dans la zone : de 10 à 30Yuan le trajet pour deux

 

Pas de commentaires

Laisser un commentaire