Carnets de voyage Océanie Polynésie

POLYNESIE – MOOREA

40 minutes de ferry plus tard, nous atteignons Moorea l’île sœur de Tahiti, pour nos 6 derniers jours.

 

Le camping qu’il faut ou presque

Moorea ne déroge pas à la règle polynésienne : les logements sont chers et semblent presque tous destinés aux couples en lune de miel.

Cependant, un endroit y est connu par tous les voyageurs : le Camping Nelson, le seul de l’île. On peut y poser sa tente ou prendre un lit dans les dortoirs de 3, on y rencontre plein d’autres backpackers, il se situe dans la meilleure partie de l’île et l’endroit est merveilleux. Il aurait pu être parfait si la famille qui le tenait, avait la capacité de sourire, d’être aimable et de prendre un peu soin des installations : la cuisine pour tout le camping et microscopique et les chambres ne contiennent aucune prise électrique…

Pour y aller depuis le ferry, nous ne trouvons pas le bus faisant le tour de l’île et on tend donc le pouce. 22 secondes plus tard, Jimmy un tahitien en weekend nous prend en stop. Il ne va pas vraiment loin, mais change ses plans pour nous : non seulement il nous amènera jusqu’au camping mais nous fera une visite guidée de principaux points de vue de la côte, nous montrera les plages à visiter et nous parlera pendant 45 minutes de sa vie en tant que guide de randonnée à Tahiti et de toutes les choses à voir à Moorea : la parfaite rencontre !

Comment profiter des éclaircies ?

Moorea est une superbe île où il est possible de randonner et de lézarder sur des superbes plages en profitant d’un lagon aux eaux turquoises. Malheureusement, nous aurons de la pluie presque tous les jours et parfois même la journée entière.

Buller sur les plages

Cette activité éreintante aurait dû nous occuper presque tous les jours… On se contentera de quelques sessions bronzette sur le petit bout de plage du camping (super beau!) et on se se fera un devoir de poser nos serviettes sur les plages les plus connues.

La plus belle se situe sur le coin Nord-Ouest de l’île près du magnifique hotel Sofitel. La bande de sable n’est pas comme dans nos rêves mais l’eau y est si claire qu’on a réellement l’impression d’être dans une piscine.

L’autre plage immanquable est celle de l’hôtel Ti’paniers, puisqu’il suffit de faire quelques mètres dans l’eau pour admirer coraux, poissons, muraignes et même requins et raies.

Cependant il y a un hic : les bords de plages sont peuplés de poisson-pierre. Comme son nom l’indique, cette raclure ressemble à s’y méprendre à un gros caillou. Cependant, si vous avez le malheur de lui marcher dessus, il se chargera de vous envoyer via ses pics un petit venin qui vous enverra tout droit à l’hôpital voire à la morgue si vous tardez… Ca fait très froid dans le dos et empêche réellement de barboter dans l’eau l’esprit tranquille. La meilleure des solutions est alors d’acheter des aquashoes…

Enfin, il faut l’avouer, nous avons certes été émerveillés par les eaux du lagon mais pas vraiment par les plages dont le sable est corallien donc plein de petits morceaux. Elles sont en général petites, étroites et à notre époque de l’année l’eau y était véritablement fraîche (bon ok, c’était pas la Manche non plus, mais on s’attendait à plus chaud!!). Ça a été une petite déception pour nous, confirmée par les voyageurs rencontrés sur place et qui attestent que les plages des autres îles et atolls sont incontestablement plus proches du paradis.

Baptême de plongée sous-marine

On n’y avait pas vraiment réflechi mais en voyant les couleurs du lagon, on ne peut s’en empécher. On s’est donc offert un baptême de plongée sous-marine dans les eaux de Polynésie. Rien que de l’écrire, c’est la classe.

C’est donc depuis le bateau du petit club de plongée de l’hotel des Tipaniers qu’on atteindra pour la première fois les 7-8 mètres de profondeur. La période n’étant pas vraiment touristique, nous ne serons que deux ce jour-là et on pourra pleinement profiter des conseils de l’instructeur.

Après quelques minutes d’adaptation où il nous fait prendre le pli de respirer uniquement pas la bouche, d’avoir un trop-plein de salives à cause de l’oxygène trop pur de la bouteille, de ne pas plier les genoux en palmant et d’utiliser à bon escient les signes appris, on prend très très vite du plaisir et le stress fait place à l’excitation d’être si profond.

Les profondeurs de Moorea sont loin d’être les plus belles de Polynésie, la faute à plusieurs ouragans, à des courants parfois importants et à une étoile de mer ayant saccagée une partie des coraux.

On aura cependant la chance de suivre pendant quelques minutes une tortue, de voir des dizaines de poissons originaux et surtout d’admirer un banc de 17 raies léopards somptueuses. Une super expérience, inoubliable que l’on s’est promis de renouveler dès qu’on le pourrait à d’autres endroits de la planète.

Le tour de l’île en scooter

Depuis l’Asie, le scooter et sa sensation de liberté nous manquaient. Tous les matins on guettait donc le temps pour en louer un afin de faire le tour de l’île. L’avant-dernier jour fut le bon. On enfourche la bécane et on passe la journée à admirer le lagon depuis plusieurs points de vue, à observer Tahiti depuis Moorea, à se prélasser quelques minutes sur toutes les plages qui nous font de l’œil, à visiter les quelques jolies églises et surtout à prendre le temps de découvrir les deux somptueuses baies de Cook et de Opunohu.

Le clou du spectacle est censé se dérouler au fameux « Belvédère ». Une route sinueuse grimpe jusqu’à un petit plat entre deux montagnes. L’endroit ne peut pas être mieux situé puisqu’il permet de voir les deux baies en même temps.

Malheureusement, à peine le moteur éteint que le pluie se met à tomber drue. Cela durera plus d’1h30. C’est donc à l’abri d’un cocotier qu’on attend en compagnie d’un local vendant justement des noix. On en profite pour discuter avec lui, et en apprendre plus sur la vie ici.

Une brève accalmie nous permet de prendre deux photos pas terribles et de redescendre sur une chaussée détrempée.

Avant tout cela, nous nous étions arrêtés au lycée agricole. Attraction phare de l’île, la visite du lycée permet de voir des plantations d’ananas et d’autres cultures locales. On a trouvé ça nul (on était samedi, on était tout seul et aucune explication!) ! Alors pour bouder, on en parle même pas !

Nager avec un dauphin : Gwen a craqué !

Le magnifique hôtel Intercontinental, possède un refuge pour tortues blessées et a annexé une partie du lagon pour en faire un bassin à dauphins. Les deux sites sont accessibles au public (oui parce qu’on n’avait pas trop les moyens d’y dormir :-) )

Pour la modique somme d’une pupille, un bras et la moitié de votre compte en banque, vous pouvez alors profiter d’un moment unique : nager pendant 40 minutes avec un dauphin. Gwen a un peu hésité avant de se lancer, les dauphins n’étant pas en liberté… Mais après renseignements auprès du centre et lecture d’avis sur le net, elle a décidé d’y aller!

Par petits groupes de 4, l’instructeur commence par nous faire un topo sur cet animal et la grande famille des cétacés. On entre ensuite dans l’eau et il nous présente l’animal et son anatomie. On évolue dans un grand bassin profond avec un des plus beaux animaux du monde. On le voit sauter, jouer avec ses nageoires, nager à la verticale et surtout on fait quelques longueurs accrochées à sa dorsale : le rêve ultime.

Le tour se termine par plein de caresses et de bisous et par un au revoir de nageoires ! Ce final fait un peu cucul la praline mais trop content d’être si proche du dauphin, on se prête au jeu tout de même! Ce moment restera un super souvenir!

Toucher des raies et nager avec des requins

L’attraction la plus connue de l’île est sans aucun doute le spot de raies et de requins à quelques centaines de mètres des Tipaniers. Plusieurs agences et tours proposent de vous amener, mais c’est beaucoup plus sympa et gratuit d’y aller soi-même.

Pour cela, il faut louer un kayak à un des stands de la plage. On commence d’abord par aller voir les deux motus (îles microscopiques) à 500 mètres de la plage afin de faire un peu de snorkelling, puis on prend la direction du fameux spot.

La technique est simple : il faut attendre qu’un groupe de touristes arrive avec leur guide, qu’ils commencent à donner à manger aux raies. On peut alors descendre du kayak dans 1m50 d’eaux cristallines et profiter avec son masque de dizaines de raies et de requins de moins d’un mètre.

Les premières minutes sont un peu flippantes puisqu’on est littéralement encerclé de requins, et de raies dont la queue peut être venimeuse. Il y a beau n’y avoir aucun danger, on psychote un tantinet ! Ensuite, c’est le pied : les raies cherchant à se nourrir vous montent dessus et il est très facile de leur caresser le dos ; quant aux requins, on leur fait la course sous l’eau et on tente de prendre en photo ou en vidéo celui qui fait le plus peur ! Expérience géniale !

Nager avec des baleines

On ne fera pas cette activité vu le prix, et parce qu’on avait eu notre dose en Australie. Cependant, nous en avons eu tous les détails grâce à Fanny, Laurine et Benjamin rencontrés au camping.

Un petit bateau vient vous chercher le matin et vous amène au-delà du lagon pour chercher les baleines. Une fois arrivé, tout le monde se met à l’eau avec les masques et attend patiemment. C’est alors que les baleines s’approchent du bateau et de vous, parfois à moins de 5 mètres. La sensation est, parait-il, extraordinaire.

Nous, les baleines, on les verra de la plage, et on était déjà super excités !!!

Spectacle polynésien

Il est possible à plusieurs endroits de l’île d’assister à des spectacles de danses folkloriques.

Le bon plan consiste à prendre le verre le moins cher lors de l’Happy Hour d’un grand hôtel et d’attendre le spectacle. C’est donc accompagné de Fanny et Laurine qu’on part le dernier soir sur la plage de l’hôtel Continental. Inutile de dire qu’on faisait un peu tâche, nous, 4 longs voyageurs, au milieu du luxe de l’hôtel.

Le spectacle fut…manqué ! En effet, à cause d’un gros groupe de touristes partant la veille, la soirée a été avancée d’un soir et nous avons donc raté la danse…

Les revendications polynésiennes

Pendant les longs moments de pluie, ou de glandouilles, on discute avec nos nouveaux copains du camping.

Tous les jours, Téva, un polynésien du coin qui gagne sa vie en faisant l’intermédiaire entre les touristes et des tour operators, venaient tenter de nous embobiner tout en nous racontant des anecdotes sur l’île.

Un soir, un peu éméché, alors qu’il venait de nous inviter à passer la nuit sur un petit motu rempli de moustiques et de polynésiens complétement bourrés n’ayant pour but que de draguer Fanny et Laurine, célibataires, Téva part dans une tirade enflammée sur les injustices polynésiennes.

On n’a pas pu démêler le vrai du faux, mais voila les 4 grandes revendications des polynésiens telles qu’il nous les a présentées :

  • La reconnaissance par la France des malheurs et des conséquences dramatiques des essais nucléaires sur l’atoll de Muroroa en Polynésie et bien sûr, leur prise en charge économique
  • Le versement d’une partie des taxes touchées par la France grâce au trafic aérien au-dessus des îles
  • Le versement d’une partie de l’argent touché par la France qui octroie à certains pays (comme la Chine et le Japon) un droit de pêche dans les eaux polynésiennes
  • Pouvoir faire fructifier financièrement le passage des câbles sous-marins intercontinentaux dans les eaux polynésiennes

C’est déjà fini !

Après une dernière journée, enfin ensoleillée, à la plage des Tipaniers avec nos copains, on repart comme on est arrivé : en stop puis en ferry, jusqu’à Tahiti, l’île principale.

Notre avion part pour l’île de Pâques à 2h du matin, c’est une très longue journée et soirée qui nous attend. Heureusement, après de longues minutes de galère, la police municipale accepte de garder nos sacs l’après-midi pendant qu’on part faire nos achats de souvenirs et de perles au grand marché de Papeete.

C’est donc triste de ne pas avoir eu le temps et l’occasion de découvrir plus d’îles et forcement déçu d’avoir eu un temps si maussade, qu’on s’envole de Polynésie en se faisant la promesse qu’on y reviendra pour ne pas rester sur ce sentiment mitigé et pleinement vivre le paradis polynésien.



Ça peut servir: 

Camping Nelson: 2400F pour un lit simple dans un dortoir de 3, sans prise, avec… rien !

Pour rejoindre le camping depuis le ferry: le Stop ou le Bus si vous êtes chanceux !

Baptême plongée: 7000F par personne, avec le club sur la plage des Tipaniers

Location d’un kayak et de matériel de snorkelling pour l’après-midi: 1500F par personne

Location d’un scooter pour la journée: 5500F avec l’agence proche du camping Nelson

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