Amérique du Sud Carnets de voyage Chili

CHILI – Le Nord Partie II

Lagunes, Salar, Déserts, Flamants roses : on débarque pour 5 jours à San Pedro de Atacama, haut-lieu du tourisme en Amérique du Sud

Bus de nuit

Première nuit dans le bus ! Cela deviendra vite une habitude… Le bus est assurément le moyen de transport numéro 1 du continent, que ce soit pour les locaux ou les touristes. Basiquement, il y a deux « classes » : les sièges cama, 3 sièges dans la largeur du bus, très confortables et s’inclinant à 160° (que l’on a jamais essayé, vu le prix) et les sièges « semi-cama », 4 dans la largeur et ne s’inclinant qu’à 140°.

Les bus sont donc plutôt confortables mais tous désignés pour les personnes de moins d’1m70… autant dire que Guillaume accapare avec ses jambes, la moitié du couloir et se fait reveiller à chaque passage des petites vessies.

San Pedro de Atacama

Etonnamment, San Pedro est une ville très agréable et mignonne. En effet, elle part avec de gros handicaps : complètement isolée au milieu du désert d’Atacama, un soleil de plomb, refuge de milliers de touristes et de centaines d’agences, lieu de départ de toutes les excursions dans le Nord Chili et même vers le Salar d’Uyuni…et pourtant la ville a beaucoup de charme. La majorité des habitations sont construites en adobe (mélange de terre, d’eau et de pailles), les rues sont piétonnes et tranquilles, les gens sont détendus (plein de babas cool), la place centrale et l’église sont très agréables et les environs sont splendides.

Le revers de la médaille est évidemment une hausse subite et injustifiée des prix. Une fois n’est pas coutume, on fait confiance au Guide du Routard, et on s’arrête dans une guesthouse traditionnelle en abode qui a l’avantage de garder la chambre au frais pendant la journée torride et de restituer la chaleur pendant les froides nuits du désert. Dans cette auberge, on fera la connaissance d’une tonne de français en vadrouille et on passera de super moments, notamment avec Emmanuel, banquier-routard, et Achille, centralien comme Guillaume.

La fièvre du 18

C’est en leur compagnie qu’on fêtera comme il se doit le 18 Septembre, dit ici « dieciocho », fête nationale et jour de beuverie généralisée. On nous avait prévenu : les chiliens lèvent le coude facilement et se mettent des sérieuses taulasses.

Mais le 18 c’est beaucoup plus que ça : c’est une ferveur populaire incroyable, un rassemblement impressionnant, une nation toute entière qui exprime sa fierté, un évènement fêté partout et en grande pompe. On s’est d’ailleurs senti envieux, et finalement un peu triste que la France ne soit pas capable de se réunir avec une telle intensité pour le 14 juillet (c’était le moment « Bisounours, aimons-nous tous »).

Ainsi, pendant 4 jours, chaque ville organise de grandes festivités et tout le monde lâche la bride.  A San Pedro, pourtant petite ville de quelques milliers de chiliens, on a pu assister à un superbe défilée traditionnel, avec musique live, chants, danses, costumes, et une foule vraiment attentive. Les coutumes sont encore bien ancrées et tout le monde met la main à la patte : lorsque la cortège passe à côté d’un resto ou d’une boutique, les gérants sortent et offrent à tout le monde des empanadas, des gâteaux et des verres d’un alcool inconnu.

Le soir, tous les locaux se retrouvent au Sud de la ville, à l’écart des touristes, pour faire la fête jusqu’au lendemain, dans des installations temporaires mais bien foutues, fournies par la ville. Ce jour-là notre excursion nous obligea à partir à 4h30 du mat’, la fête battait toujours son plein et les rues étaient jonchées de cadavres éthyliques et de policiers débordés mais très tolérants.

On s’aventurera le soir du 18 sous les grands barnums de la ville à goûter le cocktail populaire, le « Terremotto » ou « Tremblement de terre », composé d’un alcool fort, d’un jus et surtout d’une grosse boule de glace, c’est ultra sucré et dégueu ! Une belle découverte ! Malheureusement, le regard beaucoup trop insistant et invasif des chiliens bourrés sur les françaises fraîchement rencontrées, nous poussa à continuer la soirée sur la terrasse de l’auberge.

Le désert d’Atacama

Pas de suspens, cette région fut l’une de nos préférées de toute l’Amérique du Sud. Les paysages sont à couper le souffle et d’une étendue infinie.

Pour planter le décor, la ville de San Pedro se trouve au centre du désert et est encerclée par une demi-douzaine de volcans, tous frôlant ou dépassant les 6000 mètres d’altitude.

Chaque excursion nécessite une voiture, voire un 4×4, et les lieux les plus beaux se situent à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres. La location de voiture étant hors de prix (monopole scandaleux d’Europcar oblige), nous avons tout fait avec une agence de voyage.

La vallée de la Lune

Tout, sauf ça ! A une dizaine de kilomètres au Nord de la ville se trouve la fameuse et merveilleuse vallée de la Lune, pas loin de la charmante vallée de la Mort.

La zone est en fait une partie désertique très accidentée composée de petites montagnes, vallées et dunes de sables, donnant une impression de paysages lunaires. Toutes les agences de la ville proposent l’excursion en voiture ou en vélo pour voir la coucher de soleil. On a préféré y aller par nous même, en vélo, le matin afin d’être seul et de prendre notre temps. On a donc manqué le coucher mais c’est sans regret.

Rouler en vélo dans le désert, avec sa chaleur étouffante et ses pentes courtes mais très raides, c’est une vraie épreuve. On est cependant vite récompensé par les paysages très originaux : une immense dune de sable surplombant toute la vallée, une formation rocheuse ressemblant à un immense amphithéâtre, des points de vue incroyables et des cratères impressionnants.

On passera presque 6h sur le vélo à tout voir et revoir, et le retour à 15h, la pire heure de la journée, sans vent et sous une température avoisinant le million de degrés restera un souvenir particulier !

Les lagunes altiplaniques et les « piedras rojas »

Le lendemain, les choses sérieuses commencent. Nous avons réservé deux jours d’excursion avec l’agence Flamingo qui a su sortir un argument imparable, qui nous toucha en plein cœur : « on offre le petit-déj, et y’aura des pains au chocolat ». Après avoir versé une larme, on s’est repris, on a bien négocié et on a filé les billets, la tête plein de viennoiseries.

La première journée fut l’une des plus belles de notre voyage. On finit de rigoler et on part à une centaine de kilomètres de San Pedro pour atteindre des attitudes beaucoup moins familières : 4200 mètres !

C’est à ce niveau qu’on aperçoit la bouche et les yeux grands ouverts, les lagunes de l’altiplano, une immense zone plane au-dessus de 4000 mètres d’altitude.

On enchaine d’abord les laguna Miniquès et Miscanti et on frôle le record du monde de photos prises à l’heure. Les étendues d’eau arborent des couleurs improbables passant du bleu marine au vert turquoise et sont entourées de superbes volcans : des paysages rares et sublimes.

On pensait en avoir pris plein les yeux pour un sacré moment, mais c’était avant d’apercevoir le joyau du coin : les « piedras rojas » ou « pierres rouges ». Sous le regard bienveillant d’immenses sommets dépassant sans soucis les 6000, une immense lagune d’un bleu-vert indescriptible prend forme autour de pierres rouge vif et de dizaines de flamants roses. Le spectacle est extraordinaire et on ne sait plus où arrêter notre regard tant chaque coin ou recoin est époustouflant.

L’agence faisant bien son boulot, on pousse plus loin que les autres tours, voir une ultime lagune, plus petite, mais sans personne autour.

On termine par le salar d’Atacama : une vaste étendue plane gorgée de sel et la laguna Chaxa. Loin d’être aussi beau que la salar d’Uyuni, ce salar enclavé parait un peu sale et poussiéreux, dû au fait de sa proximité avec les volcans et du peu de vent y soufflant.

Outre quelques arrêts touristiques sans intérêt dans des villages où l’on vous force la main pour consommer et ce guide beau-gosse quadrilingue super compétent et donc très agaçant, la journée frôla la perfection.

Les geysers de Tatio

Toutes les agences vantent la beauté de ce site. Tu m’étonnes, c’est l’excursion la plus chère… On fait confiance au guide du routard et on craque le budget.

On décolle donc à 4h30, la deuxième journée, sous un froid polaire, pour atteindre le site après 2 bonnes heures de bus.

Il est 6h30, le soleil s’est levé mais est toujours caché par les montagnes, on est à 5200 mètres d’altitude, il fait -10.3°C et notre bus retrouve ses copains : une bonne trentaine d’autres bus ! On nous avait promis un paysage bouleversant, on ne trouve qu’une plaine remplie de fumeroles pas vraiment impressionnant.

Ce ne sont pas des geysers mais des trous d’eau dégageant énormément de fumée. Le guide nous fait faire le tour du propriétaire, mais lui aussi est complétement congelé et presque blasé. Le chauffeur sort le petit déj, dehors pour en profiter en regardant les geysers, mais nos doigts virent au bleu et tout le monde finit son minuscule pain au chocolat au chaud dans le bus.

On change de point de vue, le soleil fait son apparition et le thermomètre passe au-dessus du zéro. Conséquence inévitable, les fumeroles baissent en intensité. On profite du quartier-libre pour se balader entre les geysers mais surtout pour discuter avec Anna et Nico, deux jeunes médecins marseillais allant s’installer à Paris et loin d’être subjugué par le coin, eux aussi.

Peu avant de repartir, on peut profiter des bains thermaux pour se réchauffer. La piscine naturelle est pleine à craquer et l’eau, à 38°, n’est apparemment pas si chaude que ça. On passera notre tour.

C’est donc fatigué et vraiment déçu qu’on conclue la matinée. D’autant que le coin offre encore plein d’autres possibilités d’excursions comme le désert de Tara.

Malgré ce dernier revers, notre séjour à San Pedro fut très positif, nos premiers paysages incroyables de l’Amérique du Sud ont tenu toutes leurs promesses et comme d’habitude, les rencontres avec d’autres voyageurs, sympas et ouverts d’esprit, magnifient le tout ! Vivement la suite !


Ca peut servir:

Auberge à San Pedro: Hostal Sonchek – 25 000 Ch pour une chambre dble avec sdb commune

Location de vélo pour une journée: 6 000 Ch/pers

Tour aux Piedras Rojas et aux geysers de Tatio: 50 000 Ch/pers (hors droit d’entrée Piedras Rojas (3 000 CH), Laguna Chaxa (2 500 Ch) et les geysers (20 000 CH)

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